La palombe ou pigeon ramier

Oiseau culte des Gascons et des Pyrénéens, gibier de base des chasseurs de Garonne en Navarre, la « palombe » ne figure à l’index d’aucun guide ornithologique.

Propre au Sud-Ouest, le terme désigne les millions de colombidés sauvages migrant dans nos régions à l’automne.

C’est sûrement parce que ce volatile est légendaire dans notre région que les cuisiniers l’utilisent quand ils en ont et, à défaut, prennent du pigeon.

La palombe : une chasse très ancienne

L’apparition de la chasse aux pigeons dans les écrits semble remonter à Aristophane qui, au Vème siècle av JC, décrit une polémique entre chasseurs et non-chasseurs et introduit le terme de ramier et d'appeaux pour la chasse aux pigeons.

Chez les Romains, offrir une jeune palombe démontrait de son adresse à capturer cet oiseau.

En France et en particulier en Navarre, les premiers écrits cynégétiques datent de la fin du XIVème siècle, on parle déjà de donation de palombières et d’attribution de zones de chasse.

Des accords royaux donnent à certaines villes des droits d’utilisation de certains bois ou forêts environnants pour pratiquer cette chasse.

A partir du XVIIIème siècle on commence vraiment à parler de techniques de chasse à la palombe, décrites par l’abbé Rozier et l’auteur Magné de Marolles.

Certains règlements mis en place sont toujours de rigueur aujourd’hui, comme le fait de rétribuer la commune hôte du lieu de chasse !

Cet oiseau servait à la fois de nourriture aux paysans et d’objet de commerce.

Le Sud-Ouest : passage obligé

Chemin de passage ou lieu de résidence, c’est le terrain idéal pour ces oiseaux catalogués oiseaux migrateurs « grands ou partiels ».

Les palombes « grandes migratrices » quittent vers la mi-septembre leur région (Scandinavie, Europe du Nord et de l’Est) et rejoignent dans leur voyage les palombes venues d’Europe centrale et orientale. Toutes se dirigent vers le Sud et l’Espagne en passant au-dessus du Pays Basque.

Les palombes migratrices partielles qui décident de se déplacer à plus de 50 kilomètres de leur zone d’habitation ont tendance à se déplacer vers le sud-ouest de la France, mais ne vont pas jusqu’à traverser les Pyrénées.

La limite de l’aire de répartition des palombes migratrices et sédentaires correspond à l’isotherme 0°C. Au nord de cette limite, les oiseaux fuient l'hiver. Au sud, les oiseaux disposent toute l'année de conditions de température plus clémentes.

La culture du maïs a provoqué un bouleversement !

Autrefois, la palombe se contentait de survoler notre pays, mais maintenant, elle s’y arrête car elle trouve tout ce dont elle a besoin !

A l'origine, son habitat était essentiellement forestier. La palombe se nourrissant majoritairement de matière végétale : feuilles vertes, graines, baies, bourgeons, fleurs et racines. 

Avec l’implantation du maïs dans la vallée de la Nive (64) au XVIème siècle, une véritable révolution des comportements des palombes s’est opérée.

En effet, le maïs présente tous les avantages appréciés par le volatile : il mûrit tard dans la saison, ses graines sont grosses et très nourrissantes. Elles sont aussi très faciles à trouver puisque le maïs est exploité mécaniquement, donc accessible tout l’hiver !

Le Sud-Ouest propose alors à la palombe un terrain idéal à la fois pour se nourrir, des forêts pour se reposer, véritables dortoirs, et un climat tempéré qui lui convient !

Les zones aux plus fortes concentrations se situent aux confins du Lot-et-Garonne, du Gers et des Landes.
Fête de la Palombe
 
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